Mon expérience de l’enseignement.


 

 

Ce que cela m’apporte.

 


Les rapports humains.

Le fait de donner des cours a pour principal avantage de me faire côtoyer d’autres personnes. Cela peut paraître anodin mais quand on a longtemps beaucoup souffert de timidité et de profond mal-être, ce n’est pas rien. C’est un contact très important avec la vie.

J’aime créer un espace où nous pouvons nous retrouver autour d’une activité qui nous plaît et surtout dans une ambiance de convivialité et d’échange. Par ailleurs, j’ai vraiment envie d’un espace où le temps se suspend pour faire une coupure avec le monde extérieur où tout semble s’accélérer.

Les encouragements vont bon train car devant la difficulté de cet art, certaines personnes ont l’impression de ne pas y arriver.

Cela procure une grande joie de voir les personnes peu sûres d’elles surmonter leur peur. Je parle de peur car passer du brouillon à la feuille vierge qui va recevoir l’œuvre finale n’est pas une mince affaire et il est normal de perdre une partie de ses moyens. Mais comme je le dis à mes élèves « Moi aussi au début, j’ai recommencé bon nombre de fois ! »

 

Un approfondissement.

Travailler à plusieurs m’offre des opportunités de préciser et d’approfondir mes connaissances. En effet, les personnes posent des questions qui amènent à aller plus loin que l’enseignement reçu. Grâce à leur regard neuf elles repèrent des détails et font des remarques qui me poussent à mieux regarder ou à me documenter. Et puis elles peuvent s’intéresser à d’autres éléments ce qui fait que c’est vraiment une source d’enrichissement.

 

 

Mon parcours

 

 

Les circonstances de mes débuts.

Ainsi, ces heureuses conclusions sont le fruit d’un parcours et non d’un enseignement reçu.

« Forte » de ma timidité et de ma préférence à me cacher dans un trou de souris, je déclarai à la fin de mes études en calligraphie « Ah non, je ne donnerai jamais de cours ! » Je me voyais bien retranchée dans mon atelier à exécuter seule des œuvres…ce qui fut le cas un moment, mais tout de même, la solitude, au bout du compte, cela finit par peser.

Et puis en 2001, la place de l’animatrice calligraphie à l’ALEP de Blois s’étant libérée, une amie me demande en plein cours de yoga, toujours à l’ALEP, si je ne souhaiterais pas prendre la place. Alors ma foi, pour rendre service, et pour mettre un pied dans la vie…pourquoi pas.


 

Mon ressenti.

Pour aller rapidement, disons que j’étais terrifiée. Globalement tout s’est toujours bien passé mais il m’a fallu plusieurs années pour que mon unique jour d’enseignement hebdomadaire (et quelques autres expériences de cours par-ci par-là) ne gâche entièrement les six autres jours de la semaine par la peur, la pression que je me mettais et la fatigue due à ce stress intense.

 

Aujourd’hui cela me fait plaisir de mieux arriver à « m’intégrer parmi les humains » et même de nouer des relations d’amitié. Bien sûr, il me reste des choses à perfectionner, comme prendre la parole devant un groupe, ce qui est différent d’être « aux petits soins » derrière chaque personne. Mais surmonter de telles peurs est finalement source de joie profonde. C’est toujours un pas de plus vers la liberté.

 

 

Mes observations

 

 

 

Ma réflexion sur l’enseignement, dans le cadre où j’opère, me pousse à la conclusion que les personnes viennent pour des raisons différentes et il est important d’être à l’écoute de ces raisons. Ce qui est toujours un peu difficile quand on a un objectif précis et que celui-ci diffère de celui des autres personnes. Ainsi mon intérêt pour la calligraphie est dans la recherche du geste parfait, de la lettre parfaite, de l’enluminure sans bavure, bien plus que dans la multiplication des réalisations. Il faut donc savoir moduler pour que les personnes ne s’ennuient pas. Cela n’empêche pas de donner des indications aux élèves pendant le cours afin d’amener un autre éclairage.

J'observe également qu'il est courant pour les débutant(e)s de vouloir y arriver « tout de suite », mais même au bout d'un an ou deux, on n'obtient pas toujours quelque chose de parfait. La calligraphie fait appel à un travail sur le corps et sur l'esprit, c'est un réel travail sur soi et cela prend du temps. Le problème est que dans notre société nous n'avons guère de point de comparaison car nous obtenons beaucoup de choses tout de suite : appuyez sur un interrupteur et la lumière brille, tournez un robinet et l'eau coule, poussez sur un bouton et la télé s'allume ! Mais notre corps se travaille sur toute la vie.